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Confiture de rhubarbe et pomme à la bière

Bonjour Été, bienvenue au pays ! 
Moins 30ºC, 45cm de neige, et, sans transition, les feuilles surgissent, les jonquilles poussent la neige, les oiseaux sortent de leur congélation et les filles ont des jupes très courtes sur des jambes laiteuses. Le printemps ? Il a duré deux jours puis s'en est allé dans un autre hémisphère.
Le Québec est plein de surprises...

Moi aussi, je sors d'hibernation et surtout d'un long et magnifique voyage aux confins du continent sud-américain. Je suis aussi rapide pour publier mes recettes que pour terminer mon récit de voyage. Résultat, il faut s'armer de patience pour connaître la suite de ce fabuleux périple. D'un autre côté, mon lectorat me permet de prendre tout le temps qu'il me faut, et mes sponsors ne m'ont jamais harcelé.

J'ai commis cette recette l'an dernier. C'est en dégustant un pot cette semaine, et surtout suite une discussion autour de quelques suggestions de recettes de confitures avec mon ami Arik, que je me suis rappelé que je ne l'avais pas publiée. 

Voici donc la recette de la confiture de rhubarbe et houblon :

INGRÉDIENTS
  • 500g de rhubarbe
  • 500g de pommes granny smith
  • 800g de sucre
  • 300g de bière blonde (le reste vous pouvez le boire)
  • 3 c. à table de jus de citron
  • 1 thermomètre à sirop ou une assiette au congélateur
PRÉPARATION
  1. Nettoyer la rhubarbe et détailler en petits dés.
  2. Laver les pommes, peler, retirer le cœur, puis détailler en fines lamelles.
  3. Dans une terrine, mélanger les fruits avec le sucre, ajouter la bière et le jus de citron.
  4. Couvrir et laisser macérer toute une nuit au réfrigérateur.
Le lendemain
  1. Filtrer la préparation à travers une passoire.
  2. Verser le jus dans une casserole et porter à ébullition à feu vif jusqu'à atteindre 105ºC, ou faire le test de la goutte sur une assiette très froide.
  3. Verser les fruits dans le jus, porter à ébullition.
  4. Poursuivre la cuisson pendant 5 à 10 minutes, vérifier la nappe et, au besoin, écumer avant de mettre en pot.
Un goût qui rappelle quelque chose, mais qu'on a du mal à replacer. 
Enfin, moi je le sais, c'est le doux parfum de la bière, dont l'alcool s'est évaporé, vos enfants sont sauvés. 
Légère pointe d'acidité de la rhubarbe et de la pomme, le tout sur une tartine épaisse et croustillante. La rhubarbe sonne officiellement le glas de la très longue saison hivernale.


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Confiture de canneberge et banane

Autour de la canneberge - Partie 2

Difficile de trouver une photo originale pour mettre cette confiture, que j'ai rebaptisé Banane Sanguine, en image. J'ai donc demandé à Marie-Clarisse de poser pour moi afin d'illustrer cette recette. 
Merci M-C !

Mon stock de canneberges fraîches commence à diminuer, et deux bananes finissent de mûrir, oubliées dans le bol à fruits.
Tiens et si je les mariait ceux-là ? Acidité québécoise et douceur des Îles, quel merveilleux couple !

Encore une fois, la teneur en pectine de la canneberge aidera à la prise de la confiture, nul besoin de la noyer dans le sucre et la faire cuire pendant deux heures. Non, sérieusement, il y a vraiment des gens qui font cuire leurs confitures pendant des heures !
Une recette super simple et excellente, qui devrait trouver rapidement des fans inconditionnels autour de la table.

INGRÉDIENTS
  • 360 g de canneberges
  • 2 bananes mûres
  • 200 ml d'eau
  • Sucre
  • 1 c.à soupe de jus de citron
PRÉPARATION
  1. Préparer les pots en les lavant correctement et les réserver au four à 100ºC. 
  2. Peler et écraser les bananes.
  3. Ajouter les canneberges, peser et rajouter 75% de sucre.
  4. Verser dans une casserole, ajouter le jus de citron et l'eau.
  5. Monter à ébullition et faire cuire environ 15 minutes en remuant.
  6. Vérifier la prise de la confiture avant de mettre en pot.
Un premier essai transformé. Si tu aimes la banane, si tu aimes la canneberge, tu aimeras forcément les deux ensembles. Garoche-toi !

Récolte de la canneberge . Photo : quebecaime.unblog.fr
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Confiture de canneberge et pomme à l'érable

Autour de la canneberge - Partie 1

L'automne est la saison des couleurs. 
De toutes les couleurs.
Les insensées variations incendiaires des feuilles juchées aux sommets des troncs, le rouge des joues des enfants qui s’époumonent dans les ruelles, les dégradés des cucurbitacées aux étals de nos amis paysans, et le pourpre intense des petites baies acidulées qui trônent crânement du haut de leurs paniers en bois, finissent de teinter ce tableau chaleureux sous le soleil d'octobre.
Je l'aime cette canneberge, j'aime croquer dans la baie fraîche et sentir mes papilles s'étonner lorsque éclate le purpurin jus astringent.

Ce petit fruit proclamé miraculeux par les faiseurs de mode culinaire et autres gourous de médecines naturelles, est louangés pour ses vertus antioxydantes supposées, sa teneur élevée en vitamine C (détruite à la cuisson), et sa, toujours supposée, action préventive des infections urinaires.
Oubliez les jus pleins de sucre et dilués à l'eau, préférez les baies fraîches, séchées ou les jus purs que l'on trouve facilement au marché.
Aussi nommés atocas, on retrouve la canneberge étrangement affublée de son nom anglais de cranberry en France. 

INGRÉDIENTS
  • 680 g de canneberges
  • 850 g de pommes Granny Smith
  • 1000 g de sucre
  • Un verre d'eau (pour aider au début de cuisson)
  • L'équivalent du jus d'un citron
  • 250 ml (1 tasse) de sirop d'érable
  • ...et la fameuse assiette dans le congélateur.
PRÉPARATION
  1. Préparer les pots en les lavant correctement et les réserver au four à 100ºC.
  2. Peler les pommes, les couper en quartiers et retirer les cœurs avant de les détailler en petits dés.
  3. Verser les pommes, le sucre, l'eau et le jus de citron dans une casserole à fond épais.
  4. Faire cuire environ 15 à 20 minutes jusqu'à ce que les morceaux de pommes soient tendres.
  5. Ajouter le sirop d'érable et les canneberges et monter à ébullition, pour encore 15 minutes tout en remuant.
  6. Vous pouvez très bien garder cette consistance pour en faire votre confiture, j'ai pour ma part utilisé un moulin à légumes pour donner une consistance plus "purée" à ma confiture.
  7. La grande quantité de pectine contenue dans les pommes et les canneberges va favoriser une prise rapide la confiture, inutile de la cuire trop longtemps. Effectuer le test de la petite cuillère de confiture dans l'assiette froide. Celle-ci doit rapidement figer, signe que la confiture est prête.
  8. Écumer au besoin, remuer correctement avant de mettre en pot. Visser les couvercles et laisser refroidir à l'abri des courants d'air.
Une confiture 100% Belle Province, mélange de deux fruits emblématiques et d'une bonne dose de sirop d'érable, c'est encore vous le héros des tartines du petit-déjeuner !


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Confiture de poire et coing à la vanille

Quasi-inconnu sous les latitudes québécoises pour cause de... en fait de je ne sais quoi... le coing se trouve facilement sur les étals des marchés ou dans votre épicerie préférée.
Le cognassier est pourtant un arbre rustique qui supporte le gel, il est, par contre très sensible au feu bactérien qui ravage pommiers et poiriers.

Le coing est un fruit qui pour moi est l'essence même d'un souvenir gustatif indélébile.
Il est l'un des derniers fruits de la saison avant notre terriblement déprimant hiver alsacien. Un concentré de parfums, dont ma maman faisait une gelée délicatement tremblotante, aux reflets rose-orange qui enchante encore ma mémoire.
D'ailleurs à chaque visite en France, je lui demande, que dis-je, j’exige d'avoir un pot de gelée en réserve. Pour être certain que la source ne soit jamais tarie, j'ai même planté un cognassier dans le jardin familial.

Les familles se ressemblent et certaines aiment à se rassembler. Ainsi en est-il de la poire et du coing, cousins qui aiment faire la fiesta ensemble.
Je les ai accompagnés d'une lointaine connaissance exotique et dodue pour que la fête batte son plein, une gousse de vanille tendre et parfumée.

Très astringent et acide, ce fruit se consomme toujours cuit. Il est riche en vitamine C, ce qui est totalement inutile puisque la cuisson lui fait perdre cet élément. Habituellement, le coing est préparé en gelée ou en pâte de fruits.  
On peut aussi s'en servir dans des plats salés, mais c'est une autre histoire.

Ma patente à gelée étant perdue au fond de ma cave sans fin, j'ai opté pour la solution que je pensais être la plus facile : détailler le fruit en brunoise et en faire une confiture. Erreur. 
Le fruit est dur, glisse dans la main et noirci très rapidement. 
Il faut travailler avec un très bon couteau solide et bien affûté, un bol avec un peu d'eau citronnée pour y plonger le fruit découpé et être prudent. 
Le bonheur doit se mériter !

INGRÉDIENTS
  • 3 coings
  • 6 poires à chair ferme (la Bosc est parfaite)
  • Sucre (peser les fruits une fois détaillés et ajouter 75% de sucre)
  • Jus de citron
  • 1 gousse de vanille
  • 1 thermomètre à cuisson (ou à l'ancienne en réservant une assiette au congélateur)
PRÉPARATION
La veille
  1. Nettoyer les coings en enlevant le duvet avec un torchon légèrement humide, les couper en 2, en 4, peler et retirer les cœurs et détailler en brunoise.

  2. Faire la même chose pour les poires.
  3. Peser les fruits, ajouter 75% de sucre, une rasade de jus de citron et la gousse de vanille égrainée, puis verser dans une casserole à fond épais.
  4. Monter à ébullition en remuant et laisser cuire 5 minutes. Ne pas écumer à ce moment-là, au besoin, ce sera fait avant la mise en pots.
  5. Verser la préparation dans un bol, laisser tempérer, recouvrir d'un disque de papier parchemin et réserver une nuit au réfrigérateur.
  6. À ce sujet, si vous êtes pressés, on peut très bien faire cuire la confiture directement. Le passage au frigo va simplement développer plus d'arômes et pré-confire les fruits qui seront ainsi moins cuits lors de la cuisson finale.
Le lendemain
  1. Préparer les pots en les lavant correctement et les réserver au four à 100ºC.
  2. À travers une passoire, verser le jus dans la casserole et monter à ébullition.
  3. Ajouter les fruits et faire cuire jusqu'à 105ºC. Le coing étant riche en pectine, la confiture va prendre assez rapidement. Le test de la goutte dans l'assiette froide est un excellent indicateur.
  4. Retirer la gousse de vanille, écumer au besoin, mélanger correctement avant de verser en pots. Visser les couvercles et laisser refroidir à l'abri des courants d'air.
Verdict ? Un vrai bonheur ! La vanille enveloppe avec gourmandise ces fruits juste confits, la richesse des arômes du coing séduit la douceur de la poire, une belle histoire d'amour est en train de naître dans un pot.

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Confiture de framboises et chocolat

J'ai déjà exposé mon amour dithyrambique pour la framboise et nos escapades enfantines, mais quand c'est la saison, il faut en profiter.
Une variation autour de ce petit fruit qui ne laissera personne indifférent. Je ne sais pas si vous avez déjà goûté aux fruits enrobés de chocolat comme les très fameux bleuets au chocolat des pères Trappistes, mais c'est de la bombe ! 
Sans vouloir égaler les bienfaits des saints hommes, je vous propose ici une version digne des meilleures tartines.
Peu d'ingrédients, peu de temps, si ce n'est le repos au frigo qui va exalter les parfums et la texture, et en contrepartie, un énorme retour sur investissement.

INGRÉDIENTS
  • 700 g de framboises
  • 75 à 80% de sucre
  • Jus d'un demi-citron
  • 25% de chocolat noir 70%

PRÉPARATION
La veille
  1. Trier les framboises pour éliminer les fruits abîmés, et surtout ne pas les laver. 
  2. Passer les framboises au moulin à légumes (ou à travers une passoire fine) pour éliminer les graines.
  3. Peser la purée et ajouter 75 à 80% de sucre (ex. 500g de purée x 75% = 375g de sucre)
  4. Pour le chocolat, il suffit de diviser par 4 pour obtenir le poids à ajouter. (ex. 500g de purée ÷ 4 = 125g de chocolat)
  5. Dans une casserole à fond épais, verser la purée de framboises, le sucre et le jus de citron.
  6. Monter à ébullition, et cuire en remuant, pendant 5 minutes.
  7. Ajouter le chocolat, mélanger pour faire fondre, et verser dans une terrine.
  8. Recouvrir d'un film alimentaire troué (pour éliminer la vapeur) et réserver au réfrigérateur.
Le lendemain
  1. Laver les pots, sécher et conserver sur une plaque, au four à 210ºF (100ºC). 
  2. Verser la confiture dans la casserole et monter à ébullition.
  3. Cuire pendant 5 minutes, en remuant, écumer au besoin.
  4. Verser la confiture bouillante dans les pots, visser le couvercle et laisser refroidir avant d'étiqueter.
  5. Même si vous êtes très impatient, les confitures se bonifient avec le temps. 
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Alors ça, si c'est pas de la quintessence de bonheur en pot !
Une dominante de chocolat, balancée par l'acidulé de la framboise, une gourmandise à mettre entre toutes les mains.

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Confiture de framboises, citron et citronnelle

Il fait un peu chaud pour allumer les fourneaux, mais les framboises ont un défaut : l'impatience. Quand elles sont sur les étals de nos amis paysans, elles ne peuvent y rester indéfiniment.

Y a-t-il fruit qui a plus perdu en goût et en magie que la framboise ? Sans blague, arrêtez d'acheter de la framboise hors saison, c'est une perte d'argent et, plus important, de plaisir.

Rappelez-vous, lorsque, enfant en culottes courtes, vous parcouriez monts et vaux à la poursuite de la seule chose importante à cet âge-là, le bonheur ? Lorsque je passais du temps avec mes cousines à Neuve-Église, dans le Val de Villé en Alsace, quelques buissons de ronces suffisaient à nous rendre heureux. 
Nous connaissions les sites de prédilections de ces mines de plaisir, et partions à la quête de notre Graal. Alors, les bras prudemment enfoncés dans les méandres épineux, à la recherche d'une baie sucrée et pleine de saveur, nous étions des princes invités à un festin royal.
Les bras et les jambes lacérés par les courses effrénées dans les buissons et les orties, les cheveux en bataille et les doigts noirs et écarlates de jus de mûres et framboises sauvages, nous rentrions, épuisés et pleins de vie.

Venait alors le temps des casseroles et de la pluie de sucre, les grand-mères s'étaient mises aux fourneaux et préparaient quelques pots de confitures avec les fruits dont nous avions rempli les petits paniers en osier qu'elles nous avaient confiés le matin.

Le lendemain, sur la table du petit-déjeuner, une énorme tranche de pain sous une bonne couche de beurre de la ferme, la confiture pourpre était le signal du début d'une autre journée au Paradis. 
Les matins d'été à la campagne ont toujours eu un goût de confiture. 

INGRÉDIENTS
  • 600 g de framboises
  • 1 citron non traité
  • 1 c. à soupe de jus de citron
  • 1 branche de citronnelle écrasée
  • 75 à 80% de sucre + 100g
  • 100 g d'eau

PRÉPARATION
  1. Laver les pots, sécher et conserver sur une plaque, au four à 210ºF (100ºC).
  2. Trier les framboises pour éliminer les fruits abîmés, et surtout ne pas les laver.
  3. Passer les framboises au moulin à légumes (ou à travers une passoire fine) pour éliminer les graines.
  4. Peser la purée obtenue et ajouter 75 à 80% de sucre (ex. 400g de purée x 75%  = 300 g de sucre). Il faut un minimum de 65% de sucre pour que la confiture puisse se conserver.
  5. Brosser le citron et couper une moitié en rondelles très fines.
  6. Dans une casserole à fond épais, verser l'eau, le jus du demi citron restant, les 100 g de sucre et les rondelles de citron.
  7. Monter à ébullition et confire les rondelles jusqu'à ce qu'elles deviennent translucides.
  8. Ajouter la purée de framboises, le sucre et la branche de citronnelle.
  9. Monter à ébullition en remuant délicatement.
  10. Laisser cuire environ 8 à 10 minutes, tout en continuant de remuer.
  11. Retirer la branche de citronnelle.
  12. Écumer au besoin.
  13. Avec une pince, déposer une rondelle de citron dans chaque pot, puis verser la confiture bouillante.
  14. Visser les couvercles et retourner les pots jusqu'à refroidissement.
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Évitez la citronnelle en morceaux dans la confiture, ils sont presque impossibles à enlever et trop coriaces pour devenir un plaisir gustatif.

Cette confiture acidulée et pleine d'été sera une merveilleuse réminiscence des longues journées caniculaire lorsque votre thermomètre passera sous la barre des -30º.

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Confiture de bleuets au kirsch

Booooon, encore des bleuets et encore de l'alcool !
D'abord c'est pas moi qui décide des saisons et ensuite j'aime ça le bleuet alors j'en profite. Il restera bien des prochains 10 mois pour les regretter.
Concernant l'alcool je suis Alsacien ce qui en soit est une excellente raison. Mais que les parents se rassurent, leur progéniture ne risque rien puisque l'alcool s'évapore à la cuisson. Ne reste qu'un délicat parfum indéfinissable qui rehausse le goût des fruits. Beaucoup de fruits aiment se marier avec un peu d'alcool, d'ailleurs cet alcool est bien fait avec des fruits, j'ai rien inventé...
Cette confiture ultra simple fleure bon l'enfance et les confitures de grand-mère. 
Pas folle, la mienne nous envoyait glaner ces petits fruits sauvages dans les futaies vosgiennes, s'octroyant de ce fait quelques heures de paix pendant lesquelles elle en profitait pour piquer un ronflant roupillon dans son fauteuil.
Nos petits paniers en osier remplis à ras bord, les lèvres et la langue bleues, les jambes striées d'égratignures (ça c'est les grafignes du Québec), nous rentrions rapidement pour mettre notre Mamama Mathilde à l'épreuve. Serait-elle aussi bonne cet été que l'an passé ? Les confitures gagnent à mûrir quelques semaines en pots afin d'y développer toutes leurs délicates fragrances. Les siennes n'eurent jamais cette chance, mais le souvenir olfactif en est à jamais gravé dans nos mémoires.

INGRÉDIENTS
pour 4 pots de 250ml plus du rab pour le prochain petit déjeuner
  • 1 kg de bleuets
  • 700 g de sucre
  • 25 cl d'eau
  • Le jus d'un citron (ou 2 c.à soupe de jus en bouteille)
  • 8 cl de kirsch
  • Un thermomètre à sirop. Ce n'est pas essentiel, mais finalement c'est un objet dont on se sert assez souvent en pâtisserie et l'investissement n'est pas démesuré.
PRÉPARATION
  1. Trier, rincer et égoutter les bleuets.
  2. Dans une casserole mettre les bleuets, le sucre, l'eau et le jus de citron.
  3. Porter doucement à ébullition en mélangeant et laisser cuire 2 minutes.
  4. Laisser tempérer, couvrir et mettre au frais pour la nuit. 
Le lendemain
  1. Filtrer la préparation.
  2. Réserver les bleuets et porter doucement le jus à ébullition. Faire bouillir jusqu'à 110°C. Soyez patients, ça prend au moins 20 minutes.
  3. Ajouter les bleuets et le kirsch et reprendre l'ébullition.
  4. Poursuivre la cuisson à feu vif en mélangeant constamment jusqu'à 105°C.
  5. Écumer si besoin avant de mettre en pots.
Le goût de mon enfance, les égratignures en moins, la patience en plus. Dès fois.


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Confiture de bleuets au pinot noir et épices

Le bleuet québécois, la myrtille française ou le bluet vosgien sont heureux et fiers de participer à cette recette. Concernant notre bleuet national, toute sa riche histoire est ICI.
Cette recette est une palette pour qui veut s'amuser avec quelques épices.
Mon mélange est personnel, mais avec une base de cannelle, de badiane on peut commencer à créer et à s'amuser. Attention de ne pas tomber dans l'excès, on a pas spécialement envie de manger une tartine du souk des épices de Marrakech.
Comme les autres confiture, prévoyez de laisser reposer toute une nuit.

INGRÉDIENTS
pour 4 pots de 250ml
  • 900 g de bleuets
  • 560 g de sucre
  • 2 c. à thé d'épices mélangées (cannelle, badiane, cardamome, le reste c'est secret !)
  • 16 cl de Pinot noir
  • le jus d'un citron (ou 2 c. à soupe de jus en bouteille)
PRÉPARATION
  1. Mélanger les bleuets avec le sucre, les épices et le jus de citron.
  2. Porter légèrement à ébullition, laisser tempérer et mettre au réfrigérateur avec un couvercle pendant toute une nuit.
Le lendemain
  1. Préparer les pots, propres, secs et les couvercles dans le même état.
  2. Filtrer et réserver les bleuets.
  3. Porter le jus à ébullition pendant une vingtaine de minutes (110ºC). Le jus doit devenir un plus dense c'est le temps de faire un test sur une assiette froide.
  4. Ajouter  les bleuets et le vin, cuire encore 10 minutes.
  5. Écumer si besoin avant de mettre en pots.  
Ai-je vraiment besoin de vous dire que cette version de confiture de bleuets est extraordinaire ? Si vous ne me croyez pas, bande de Saints Thomas, faites le test vous même et vous m'en donnerez des nouvelles.

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Confiture de cerises et gingembre

...il est bien court, le temps des cerises 
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant 
Des pendants d'oreilles, 
Cerises d'amour aux robes vermeilles 
Tombant sous la mousse en gouttes de sang 
Mais il est bien court, le temps des cerises 
Pendant de corail, qu'on cueille en rêvant... 

Ah la poésie ! 
Mais c'est vrai qu'il est court le temps des cerises, je parle des vraies cerises, celle qui viennent de chez nous (ou de pas trop loin), pas de ces fruits immondes que l'on trouve à n'importe quel moment de l'année. Où est le plaisir de l'attente et du goût ? Dans le coeur blanc et insipide d'une fraise en janvier ?
Alors profitons des fruits du labeur de nos maraîchers et paysans, rendons honneur à leur travail et exigeons la qualité à laquelle nous aspirons. 
Il était temps que j'utilise le dénoyauteur que ma généreuse cousine Laurence m'avait offert il y a quelques années. En fait dès que je trouvais un truc qui me plaisait dans sa maison elle voulait me le donner ! Point de gêne en famille j'ai immédiatement fait appel à un déménageur international.

INGRÉDIENTS
  • 1 kg de cerises lavées, séchées, dénoyautées
  • 800 g de sucre
  • le jus d'un citron (ou 2 c.à thé de jus en bouteille)
  • Gingembre frais
PRÉPARATION
  1. Dans un saladier, mélanger les cerises avec le sucre et le jus de citron.
  2. Mélanger bien et laissez macérer à température ambiante pendant une heure. 
  3. Verser dans une casserole à fond épais et monter à ébullition à feu moyen.
  4. Retirer du feu, laisser tempérer, couvrir et réserver au frais toute une nuit.
  5. Le lendemain, filtrez la préparation et porter le jus à 105°C (225ºF).
  6. Ajoutez ensuite les cerises, reporter à ébullition, écumer.
  7. Vérifier la cuisson, écumer une dernière fois, ajouter le gingembre émincé très fin, mélanger et verser dans des pots stérilisés.
Pour une conservation courte, vous pouvez réduire la quantité de sucre et stocker les pots au réfrigérateur.

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Confiture de fraises

photo : autrecuisine.canalblog.com
Après la version de la Belle Hélène, je vous propose d'essayer cette recette plus rapide et préférée des enfants. Les fraises cuisent plus longtemps, se défont dans un joyeux maelström purpurin, se frottent, se caressent, dansent en une incompréhensible chorégraphie odorante, impatientes de rejoindre le pot qui leur est destiné.
La pectine va épaissir la confiture, elle sera plus facile à tartiner et colle à merveille au doigt gourmand. Vous pouvez très bien vous en passer, votre confiture sera simplement plus liquide et sera plus appropriée à accompagner des yaourts ou des fromages blancs ou des glaces ou des gâteaux ou...

INGRÉDIENTS
  • 1 kg de fraises
  • 800 gr de sucre
  • Le jus d'un 1/2 citron
  • 1 sachet de pectine en cristaux
  • 1 gousse de vanille (facultatif)
PRÉPARATION
Pour 5 pots de 250ml
  1. Rincer rapidement les fraises sous l'eau courante et essuyer dans un torchon.
  2. Déposer les fraises et la gousse de vanille fendue et égrainée dans une casserole, ajouter la pectine et arroser du jus de citron.
  3. Laisser les fraises cuire à feu moyen pendant environ 10 minutes en remuant de temps en temps.
  4. Au bout des 10 minutes ajouter le sucre et faire cuire à bouillon doux pendant 20 à 30 minutes tout en remuant régulièrement.
  5. Retirer la gousse de vanille et écumer correctement avant de mettre en pot (les pots doivent être bien lavés et rincés, puis conservés au four à 225ºF -env.100ºC- jusqu'à utilisation).
  6. Bien nettoyer le goulot avant de visser le couvercle, et retourner jusqu'à refroidissement complet.
Les étals des maraîchers sont pleins à craquer, ne vous privez pas d'enfermer l'été dans des bocaux !

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Confiture de figues et thym

Si j'avais de la canne à sucre et quelques ruches dans le jardin je pourrais me vanter d'une recette 100% maison... J'ai quand même les deux principaux ingrédients de cette délicieuse confiture.
Étant donné le peu de crédit que j'accorde aux figues que l'on trouve au Québec et qui, à mon goût ne valent pas tripette, je patiente toute une année avant de me jeter sur le figuier que j'ai planté à cette intention chez mes parents. Et puis comme ils n'aiment pas ça j'en ai plus !

INGRÉDIENTS
  • 1kg de figues
  • 800g de sucre
  • 3 branches de thym frais 
  • 2 c.à soupe de miel

PRÉPARATION
  1. Laver et sécher correctement les pots de confiture.
  2. Nettoyer les fruits et effeuiller les banches de thym.
  3. Mettre tous les ingrédients dans une casserole à fond épais et monter à ébullition.
  4. Réduire en purée en plongeant un pied mélangeur (ou pied mixeur) dans la préparation et surtout en faisant attention aux éclaboussures !
  5. Cuire une quinzaine de minutes avant de mettre en pot.
  6. Sceller les couvercles et retourner immédiatement les pots pour les stériliser.
  7. Attendre le complet refroidissement avant de les manipuler.
Une confiture simple et rapide à réaliser et qui regorge de parfums estivaux. Un concentré de Provence que je vais me faire un plaisir de déguster cet hiver, lorsque la neige aura envahit les rues et que le froid polaire fera naître des arabesque glacées sur mes fenêtres. 
Mais en attendant, demain c'est bronzage et piscine !


nipic.com
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