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Bretzel

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Si l'on vous dit qu'un apéro en Alsace peut se passer de bretzel, vous avez en face de vous un menteur ou un résident de France de l'intérieur.

Alors, quand vous arriverez dans une bierstub, et qu'un Picon bière agrémentera la table à laquelle vous êtes assis, les yeux rivés sur l'abondante mousse, répondez oui, je le veux à la serveuse qui vous demandera si vous voulez "a bredschdel ?"


Un peu d'histoire :
On parle du bretzel dès 743, mais étrangement c'est une légende de 1477 qui semble vouloir prendre le dessus... L'omnipotence des médias et la désinformation ne datent pas d'aujourd'hui !

Donc en ce jour du 12 avril 1477, un boulanger fut puni par son roi pour avoir foiré une fournée. En ces temps, on ne rigolait pas avec le pain, surtout une veille de week-end de libations royales (on était vendredi matin), et fut donc condamné à mort. Sa femme perspicace et têtue, comme une vraie Alsacienne, supplia tant le souverain que celui-ci accorda la grâce au boulanger si dans les trois jours il inventait un pain à travers lequel brillerait trois fois le soleil. 
Le talmelier, devant l'énormité du projet dodelina de la tête, leva les yeux au ciel et réfléchit intensément. Ce faisant, il vit par la fenêtre de la cuisine sa douce prier à genoux pour son salut, les bras posés en forme de croix sur sa généreuse poitrine. Il lui vint alors l'idée de croiser les extrémités d'un ruban de pâte pour reproduire la posture de son aimée, formant trois trous et ainsi contenter le roi en lui faisant voir le soleil trois fois. 
Comme dans un film à suspens, le chat noir borgne du boulanger vint faire un tour dans le fournil et maladroitement fit tomber un liquide utilisé habituellement pour nettoyer les plaques du four, sur les pains. Le boulanger déjà passablement à boutte, occis le minou et, manquant de temps pour préparer une nouvelle pâte, enfourna le pain mouillé. 
Le produit renversé par le défunt chat était une solution de bicarbonate de soude et donna naissance au bretzel saumuré. 

Le boulanger fût sauvé, ouvrit des franchises dans tous les royaumes chrétiens et devint immensément riche, son accorte et généreuse femme ouvrit un refuge pour chats abandonnés et plus personne n'entendit jamais parler de cet étrange roi que l'on enferma chez les dingues, persuadé qu'il était de voir trois soleils briller sur ses terres.

L'origine du nom bretzel est attribué à : 
- l'étymologie alsacienne signifiant "temps de repos" ; du latin bracchium "bras" ou braccellus "bracelet" ; 
- de la position des bras croisés lorsque sonne l'heure de la pause ; 
- du village italien de Brescello dont le boulanger (ainsi que Peppone et Don Camillo !) serait originaire. Et le gagnant est... de retour après la pause.

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Facile à réaliser, la seule difficulté réside dans le pliage de ladite brioche. Si, à bout de patience, vous n'arrivez toujours pas à rendre hommage à la forme unique, faites des petits pains allongés et transformez vos bretzels en mauricettes. C'est très bon aussi. 
La pâte est exactement la même, mais sa forme permet de fabriquer de délicieux sandwichs.

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INGRÉDIENTS
 (pour environ 9 à 10 bretzels)
  • 500 g de farine
  • 200g de lait tiède
  • 100g d’eau 
  • 30 g de beurre mou 
  • 10 g de sel 
  • 20 g de levure boulangère fraîche ou 8g de levure déshydratée
  • Gros sel
  • 2 litres d'eau
  • 75 g de bicarbonate de soude
PRÉPARATION
  1. Dissoudre la levure fraîche dans le lait et l’eau (la levure déshydratée peut être directement versée dans le mélange).
  2. Verser la farine, le beurre, la levure et le lait dans le bol du robot et pétrir 1 minute.
  3. Ajouter le sel et pétrir la pâte pendant 5 minutes jusqu’à ce qu’elle devienne lisse. 
  4. Recouvrir le bol d’un linge propre et laisser lever pendant 1 h 30 dans un endroit chaud. La pâte doit doubler de volume. 
Préchauffer le four à 425ºF (220ºC)
  1. Dans une casserole, verser 2 litres d'eau et amener à ébullition.
  2. Peser la pâte, et diviser en 10 pâtons, puis rouler chacun d’eux sur le plan de travail avec les mains pour former un boudin  d'environ 50 centimètres. 
  3. Façonner les bretzels : (tout à fait entre nous ça prend un p'tit coup de main)
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  1. Ajouter le bicarbonate de soude dans l'eau bouillante et plonger les bretzels jusqu’à ce qu’ils remontent à la surface. 
  2. Disposer sur une plaque recouverte de papier parchemin en laissant suffisamment d’espace, car ils gonflent à la cuisson.
  3. Parsemer de gros sel, et enfourner pour environ 15 minutes, jusqu’à ce que les bretzels soient joliment dorés.
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Excellents frais, les bretzels se congèlent bien. Il suffira de les passer quelques minutes au four avant de les déguster.

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Käskuchen à la rhubarbe

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Puisque vous êtes d'assidus lecteurs de mon blog, vous connaissez très certainement la recette alsacienne du käskuchen, le gâteau au fromage blanc. Ce gâteau aérien et acidulé que les nord-américains ont tenté de copier avec le cheesecake. 

Vous pensiez aimer le cheescake ? En suivant cette recette (ou l'originale), vous allez changer d'avis, parole d'Alsaco !

Quand j'ai soumis l'idée de ce käskuchen à la rhubarbe à ma maman, son long silence transatlantique et surtout son "et tu crois que ça va être bon ?" teinté d'un léger accent alsacien malgré 20 années à se prélasser au soleil des Cévennes, je me suis dit que je transgressais quelques traditions immuables, mais que finalement deux bonnes choses mises ensemble ne pouvaient que transcender les sens.


Mise à jour 2021
: on ne trouve plus de fromage blanc au Québec, je devais être le seul à en consommer régulièrement. 
On remplace cet ingrédient par du yogourt Liberté Méditerranée Nature 10% que l'on laisse égoutter au frais à travers une passoire tapissée d'une étamine pendant 2 ou 3 heures.

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INGRÉDIENTS

La rhubarbe
  • 700g de rhubarbe
  • 120 g de sucre
La pâte
  • 400 g de farine
  • 237 g de beurre froid coupé en petits morceaux
  • 66 g de sucre glace
  • 95 g d’œuf battu
  • 47 g de poudre d’amande
  • 1 pincée de sel fin
L’appareil
  • 500 gr de fromage blanc 
  • 20 cl de crème 35%
  • 3 œufs à température ambiante (séparer jaunes et blancs)
  • 150 gr de sucre (réserver 50g pour les blancs en neige)
  • 2 sachets de sucre vanillé
  • 90 g de farine 
  • 30 g de fécule de maïs 
  • 1 pincée de sel
  • 1 c. à soupe de jus de citron
  • On essaye avec les zestes d'une orange ?
    • Un moule à charnière assez haut


PRÉPARATION

La rhubarbe
  1. Couper la rhubarbe en tronçons d’environ 1 cm. 
  2. Saupoudrer de sucre, mélanger et laisser macérer pendant une heure.
  3. Verser dans une casserole, ajouter le sucre, et cuire à feu doux pendant 25 minutes en remuant régulièrement. 
  4. Quand les morceaux commencent à se défaire, filtrer la compote dans une passoire à mailles fines pour enlever le maximum de liquide. Laisser refroidir et réserver au frais.
La pâte sablée
  1. Dans le bol du robot, verser tous les ingrédients sauf les œufs.
  2. Battre jusqu'à obtenir une consistance granuleuse.
  3. Ajouter les œufs et battre jusqu'à obtenir une pâte qui se tient en boule.
  4. Emballer la pâte dans un film alimentaire, abaisser au rouleau et réserver au frais pour 1 ou 2 heures ou pour la nuit.
  5. Entre deux feuilles de papier parchemin, abaisser la pâte sur une épaisseur de 3 à 4 mm.
  6. Dans un moule beurré et fariné foncer la pâte et réserver environ 30 minutes au froid.
Préchauffer le four à 350ºF (180ºC)
  1. Utiliser une feuille de papier cuisson froissée pour recouvrir la pâte, ajouter des pois et enfourner pour 20 à 30 minutes.
  2. Retirer la feuille avec les pois et laisser cuire le fond de tarte pendant environ 10 minutes.
Le fromage blanc
  1. Dans un grand contenant, mélanger tous les ingrédients secs (réserver 50 g de sucre pour les blancs en neige).
  2. Incorporer ensuite le fromage blanc, la crème et les jaunes d'œufs et bien mélanger.
  3. Dans le bol du mélangeur, verser les blancs d'œufs et commencer à battre. Lorsque les blancs commencent à mousser, ajouter les 50 g de sucre. Monter en neige ferme.
  4. Incorporer délicatement les blancs à l'appareil à l'aide d'une spatule. Commencer avec une petite quantité pour détendre le mélange. Le but est de ne pas écraser les blancs et de faire un mélange parfaitement homogène.
Montage et cuisson
  1. Verser la compotée de rhubarbe sur la pâte*, et lisser avec le dos d’une cuillère. Puis verser l’appareil au fromage blanc par-dessus. 
  2. Enfourner pendant 40 minutes puis baisser la température à 320°F pendant 30 minutes. Vérifier la cuisson, le dessus du gâteau doit avoir blondi et la texture tremblotante, mais ferme.
  3. À la sortie du four, laisser tempérer 10 minutes, puis retourner le gâteau (encore dans son moule) sur une grille. 
  4. Ouvrir le cercle, retirer le fond, refermer le cercle du moule et laisser le gâteau refroidir ainsi. 
  5. Une fois refroidi, retourner et saupoudrer de sucre glace.
  6. Déguster frais.
*Astuce : pour isoler le fond de tarte de l’appareil humide, recouvrir d’un peu de poudre d’amande avant de verser l’appareil.
...

Alors ? Je suis certain que ma chère maman va essayer ce gâteau qu'elle va l'adorer et me dire "oui, mais c'est quand même meilleur le vrai !" Que puis-je rétorquer à une parole de mère ?

La compotée de rhubarbe parfaitement balancée entre sucre et acidité se marie agréablement avec la légèreté du fromage blanc. 
Essayez-le, vous allez l'adorer, promesse de transgresseur de traditions !




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Vin chaud alsacien

Traditions séculaires et racines alsaciennes surgissent avec force lors des grands événements. Saint-Nicolas, Noël, Nouvel An, Pâques : autant de moments de réjouissance où la famille se retrouvait.
Surtout autour d’une table — on ne renie pas ses origines.


Le 31 décembre, mon papa arrivait fourbu de son magasin, où il venait d’armer la moitié de la ville à coups de tonnes de pétards à mèches, de mitraillettes démoniaques, de fusées de toutes tailles et de mortiers dignes d’une campagne militaire.
Je profitais de mes vacances pour prendre part à la folie qui envahissait petits et grands. Enfin, moyens et grands, puisque la loi interdisait la vente aux mineurs. Officiellement.
Pour ma part, je fourguais quelques paquets de Tigre, Bison, Mammouth et autres Pyratt sous le manteau, à l’école… O tempora, o mores.

Depuis le 27 décembre — le 26 étant férié en Alsace — le petit commerce ne désemplissait pas. Tous les jours, de 6 h à 19 h, un flot ininterrompu de clients avides de poudre noire fréquentait les lieux.

Il faut savoir que, dans notre région — devenue depuis championne de l’incinération massive de voitures — dès que la nuit tombait, c’est-à-dire vers 14 h 25, les gens normaux faisaient exploser des milliers de pétards et embrasaient le ciel d’autant de fusées multicolores.
Il va sans dire que l’état d’ébriété avancée des fêtards garantissait le remplissage des salles d’urgence très rapidement.

Mon papa, donc, revenait épuisé de ces cinq jours de pure folie, mais trouvait encore la force de préparer quelques litres de ce délicieux vin chaud.

La maison embaumait les épices et les agrumes. Les vapeurs éthyliques nous montaient à la tête et minuit arrivait toujours par surprise.
Ce divin breuvage, sucré et peu alcoolisé, était notre potion magique.

Puis, peu après les douze coups de minuit, nous sortions mettre le feu au stade où plus personne ne s’entraînait depuis longtemps.

Mon père, totalement possédé par ses antiques dieux germaniques, devenait méconnaissable et, à l’aide du bout incandescent de sa clope, allumait les mèches plus vite qu’un artificier professionnel.
D’ailleurs, j’avais moi aussi une cigarette allumée à la main : le moyen le plus efficace pour bouter le feu aux poudres sous le crachin sylvestre.
Étonnamment, il n’y eut jamais d’accident à déplorer dans la famille, même si mon frère dut effectuer moult cabrioles pour échapper aux boules crépitantes des fontaines romaines que son papa lui tirait dessus.

Les dieux germaniques sont farceurs. Pour ma part, j’avais compris depuis longtemps qu’il valait mieux rester derrière lui pour échapper à ses crises de trouble de la personnalité — et j’ai encore tous mes doigts.


Tout ça pour introduire ce fameux vin chaud dans lequel nous trempions nos Stolle, et qui, malgré l’évaporation substantielle de son alcool durant la cuisson, nous faisait dormir comme des souches...

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INGRÉDIENTS
  • 2 litres de vin rouge
  • 2 bâtons de cannelle 
  • 4 clous de girofle
  • 1 badiane (anis étoilé)
  • 1 pincée de muscade râpée
  • 3 tranches de gingembre frais
  • 3 graines de cardamome
  • 2 graines de coriandre
  • 1 pointe de poivre
  • 3 tranches d'orange
  • 1 large zeste de citron
  • Miel (au goût)
  • 5 cl de kirsch (facultatif)

PRÉPARATION
  1. Déposer tous les ingrédients dans une casserole, monter doucement à chauffer sans faire bouillir, et laisser infuser tranquillement pendant 30 minutes.
  2. Ajouter le miel, on aime le vin chaud peu ou très sucré alors il faut gouter. Aucun autre solution à ce vaste problème... Par contre on peut toujours ajouter du sucre dans un verre, pas en enlever dans la casserole !
  3. Filtrer, et réchauffer juste avant le service.
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Si après ça vous aimez encore la sangria, vous avez un sérieux problème avec vos papilles gustatives !

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Stolle du Nouvel An

Je sais, le Nouvel An est passé, mais dans 364 jours, vous serez prêts !

Puisque je parlais de traditions, je suis obligé d'aborder le sujet du stolle. Vous savez, celui qu'on trempe dans un verre de vin chaud avant ou après avoir fait exploser la moitié de la planète comme un Kim Jong Noune sous acide !

Il ne faut pas confondre le petit stolle, qui est une brioche au lait toute moelleuse, avec le Christstollen qui ressemble plus à un pain aux fruits secs marinés et à la pâte d'amandes.

Je ne sais pas par quel miracle nous arrivions encore à enfourner ces brioches après un repas trop copieux, mais elles finissaient toujours par trouver leur chemin.
Et puis il en restait pour le petit-déjeuner. Comment ne pas partir l’année du bon pied avec quelques tranches de stolle généreusement tartinées de confiture ou de Nutella ?

INGRÉDIENTS
tous les ingrédients doivent être à température ambiante
  • 500 g de farine
  • 80 g de sucre
  • 10 g de sel
  • 4 œufs
  • 7 g de levure sèche de boulanger
  • 80 g de lait 
  • 130 g de beurre mou en morceaux
  • 200 g de raisins secs mouillés
  • 1 œuf pour la dorure
PRÉPARATION
  1. Dans le bol du robot, verser la farine, le sucre et la levure. Mélanger les ingrédients secs.
  2. Ajouter les œufs, le lait et le sel, puis petit à petit le beurre mou.
  3. Pétrir jusqu’à obtenir une pâte homogène avant d’ajouter les raisins. La pâte va rester très collante.
  4. Couvrir le bol avec un linge humide et laisser la pâte gonfler dans un endroit chaud, pendant 1 à 2 heures, elle doit doubler de volume.
  5. Sur un plan de travail bien fariné, diviser la pâte en pâtons de 50g, rouler en boule et déposer sur une plaque recouverte de papier parchemin. 
  6. Laisser lever une nouvelle fois jusqu’à ce qu’ils doublent de volume.
--- Préchauffer le four à 400ºF ---
  1. Avant d’enfourner, badigeonner les stolle avec l’œuf battu et, avec des ciseaux, pratiquer deux entailles en forme de croix sur le dessus de chaque brioche. 
  2. Faire cuire environ 12 à 15 minutes.
Après les Bredele, les Männele, le vin chaud, ces Stolle vous donneront officiellement le droit de vous exclamer oyéééé ! pour à peu près n'importe quoi.


So, je vous souhaite a Gleckliches Nejes Johr un alles guete !


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Lamale - Agneau pascal

Il est des goûts et des souvenirs qui ne s’effacent jamais. Celui d’une famille affamée, attablée autour d’une table en formica un matin de dimanche de Pâques, a laissé dans ma mémoire une empreinte indélébile. Des pastoureaux en pyjama, encore tout engourdis de sommeil, surveillaient du coin de l’œil un troupeau d’agneaux blancs, sagement rangé au centre d’une prairie marbrée de sucre glace : la nappe familiale.

Les frêles agnelets, saupoudrés de neige sucrée et piqués de leurs bannières vaticanes ou régionales, attendaient leur tour de passer, non pas à la casserole mais à l’immersion dans un bol de thé fumant.

Le dilemme pascal du jour n'était autre que celui-ci : commencer par décapiter la bête, la trancher en deux dans le sens de la longueur ou lui ôter l’arrière-train ? Joyeuses préoccupations de nos enfances printanières…

Piqué de sa bannière vaticane
Dans la tradition alsacienne, ce Lamala (ou Osterlamala), qui signifie « petit agneau de Pâques », se partage au petit-déjeuner du dimanche de Pâques en tant que symbole chrétien : le Christ, assimilé à l’agneau sacrifié.

Le fiancé offrait autrefois un Lamala à sa bien-aimée, et l’on en donnait également aux enfants à leur retour de la messe pascale. Cette coutume, attestée dès 1519, permettait aussi aux boulangers et aux ménagères de liquider les œufs accumulés durant le Carême — période d’abstinence où leur consommation est prohibée, même si les poules, elles, n’ont jamais été concernées par nos étranges prescriptions divines… 
Heureuses gallinacées.

Moule traditionnel en terre cuite
Le Lamala – qui ne se prononce pas tout à fait comme il s’écrit – se déguste en tranches généreuses, le plus souvent au petit déjeuner, trempé jusqu’à saturation dans un café au lait ou un thé bien chaud.

Pour respecter la tradition, il convient d’utiliser le moule traditionnel en terre cuite en forme d’agneau couché. Mais si vous n’en possédez pas (ce qui est fort probable), un moule vertical fera très bien l’affaire : l’essentiel est que la pâte puisse gonfler librement pour développer sa mie légère et dorée.

Attention, cette pâte est particulièrement collante ! Il est donc essentiel de beurrer et fariner le moule avec soin, sous peine de sacrifier votre agneau au fond du moule. Ce serait péché.

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INGRÉDIENTS
  • 3 œufs moyen/gros
  • 55 g d'eau chaude
  • 1 c. à café de cognac (facultatif)
  • 150 g de sucre (réserver 30g pour les oeufs en neige)
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 100 g de farine
  • 50 g de fécule
  • 1 c. à thé (3 g) de levure chimique
  • 1 pincée de sel
  • le zeste d'un demi-citron, citron vert ou orange (facultatif)
  • Sucre glace pour la décoration

PRÉPARATION
Préchauffer le four à 390ºF (200ºC)
  1. Séparer les jaunes des blancs d’œufs.
  2. Mélanger le sucre et le sucre vanillé.
  3. Tamiser ensemble la farine, la fécule, le sel et la levure.
  4. Beurrer correctement les deux parties du moule avant de les assembler. Fariner en insistant sur la partie des oreilles et de la tête, et tapoter pour enlever l'excédent.
  5. Dans le bol du mélangeur, battre les jaunes avec l'eau chaude et ajouter le cognac, les sucres et les zestes de citron. Fouetter jusqu'à obtenir une masse pâle et crémeuse ayant doublé ou triplé de volume.
  6. Dans un autre bol, fouetter les blancs d’œufs en neige.
  7. Lorsqu'ils comencent à mousser, ajouter les 30g de sucre.
  8. Déposer les blancs sur la masse des jaunes d’œufs et plier délicatement.
  9. Tamiser par-dessus le mélange farine et fecule, et plier jusqu'à obtenir une pâte homogène.
  10. Verser la pâte dans le moule - en s'assurant de bien remplir la tête -, jusqu'à 2 cm du rebord. La pâte gonfle à la cuisson et devrait former une base rebondie.
  11. Enfourner pour environ 40 minutes, vérifier la cuisson avec un pic qui doit ressortir sec.
  12. Laisser refroidir avant de démouler et servir saupoudré de sucre glace.
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Encore une recette qui nous fait voyager dans le temps.
Un petit matin lointain, doucement ensoleillé, où l’on dévalait le jardin en pyjama,  à la recherche des œufs de Pâques qu’un lapin, visiblement pondeur, aurait abandonnés en route pour Rome, porté par des cloches volantes. 
Il faut bien admettre que certaines traditions donnent à penser que la drogue sévissait bien avant l’ère moderne...

Ce biscuit aérien a la fâcheuse tendance à se dessécher rapidement. Pour en préserver le moelleux, mieux vaut le glisser sous cloche ou l’emballer soigneusement avant de le croquer.


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Baeckeoffe

Au commencement était le chaos. 
Puis est venu la lumière... et l'Alsace, ses vignobles, ses truculents habitants et ses merveilleuses spécialités, dont le fameux baeckeoffe. 
Y a t'il plat plus emblématique, après la choucroute, que cette préparation qui, dit-on, est originaire de la bonne ville de Strasbourg.
Un accommodement gourmand pour le choix des viandes : bœuf pour les catholiques, porc pour les protestants et agneau pour la religion juive. Des pommes de terre, du vin blanc, quelques aromates et une nuit de repos avant d'enfourner pour trois heures.

Il y aurait deux explications quand à la cuisson de ce plat dont le nom signifie "four du boulanger" : les familles aisées qui pouvaient se permettre d'acheter de la viande de temps en temps déposaient leur plat de terre cuite dans le four du boulanger le dimanche matin avant d'aller suivre la messe. À l'issue de trois heures interminables de sermon, le plat était enfin prêt.
D'aucuns disent que c'est le lundi, jour traditionnel de lessive en Alsace et jour de repos du boulanger (et donc de refroidissement du four) que les ménagères portaient leur plat avant d'aller tremper leurs grosses mains calleuses dans l'eau glacée du lavoir... 
Qu'importent les origines, c'est finalement dans le four de notre bon mitron que ça se passait, mais n'allez pas déranger le votre, un four de maison sera parfaitement à propos.

Si vous n'avez pas LA terrine de Soufflenheim spécialement dédiée à la cuisson de ce plat, utilisez une cocotte en terre cuite ou en fonte qui devrait tout aussi bien faire l'affaire.
Concernant les viandes, il faut utiliser des viandes grasses, sinon ça va être sec comme une tourtière... Dans la recette traditionnelle on retrouve du pied et de la queue de cochon, mais je vous assure que c'est aussi très bon sans !

INGRÉDIENTS
  • Une terrine en terre cuite avec couvercle
  • 800 g de porc (épaule) 
  • 800 g de bœuf (paleron)
  • 400g d’agneau (épaule)
  • 1 litre de vin blanc
  • 5 gousses d’ail hachées
  • Sel et poivre
  • 3 gros oignons en tranches
  • 1 blanc de poireau émincé
  • 4 carottes détaillées en dés
  • 1 feuille de laurier
  • 3 clous de girofle
  • 1,5 kg de pommes de terre (épluchées et coupées en rondelles fines)
  • Un peu de farine et d'eau pour faire le joint d'étanchéité du couvercle
PRÉPARATION
La veille :
  1. Découper la viande en gros cubes. 
  2. Saler, poivrer et laisser mariner toute une nuit au frais avec le vin blanc et les gousses d’ail hachées.
Au petit matin :
  1. Égoutter les viandes et réserver le vin blanc.
  2. Dans le fond de la terrine, disposer une couche de pommes de terre, un peu de blanc de poireau et des cubes de carottes.
  3. Poser par-dessus une couche de viandes, la feuille de laurier piquée des clous de girofle.
  4. Couvrir avec une nouvelle couche de pommes de terre, poireaux, carottes et d’oignons.
  5. Recommencer l'opération jusqu'à épuisement des ingrédients en veillant à finir avec une couche de pommes de terre.
  6. Mouiller avec le vin blanc de la marinade. Le liquide doit arriver aux ¾ de la hauteur, sinon compléter avec un peu d’eau.
  7. Couvrir et sceller le couvercle avec une pâte épaisse faite de farine et d'eau et enfourner à 350ºF (180°) pendant 3 heures.
J'ai eu l'heur de servir ce plat à la belle famille le jour de Noël et je crois que j'ai (encore) marqué quelques points. 
La digestion est quelque peu ardue, l'agneau doit y être pour quelque chose, mais c'est une excellente excuse pour s'envoyer une belle rasade d'eau de vie de cumin. Un plat qui gagne à être réchauffé, c'est encore meilleur !

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